La réciproque est aussi vraie…

 

Quand votre voisin passe au volant de sa voiture beaucoup trop vite sur le chemin et que vous pensez que votre voisin est un idiot, c’est vrai.

C’est vrai. A plusieurs niveaux. C’est vrai car vous l’avez pensé, et le fait de l’avoir pensé, ou dit, est vrai. Quel que soit le contenu de votre pensée ou de votre parole, l’acte de penser ou de dire est vrai.

Ensuite, à ce moment-précis, c’est vrai que votre voisin est un idiot car, en roulant trop vite, il risque de commettre un accident. Vous avez émis un jugement, qui est vrai, à ce moment-là. Et à ce moment-là, votre voisin est un idiot.

Et si la réciproque était aussi vraie ?

La première réciproque concerne le contenu de votre pensée : votre voisin est un idiot. Vous pouvez transformer cette sentence en pensant : « mon voisin est aussi un génie ». Et vous pouvez vous rappeler que l’été dernier, il a réussi à réparer le moteur du portail, ou changer une lampe, ou qu’il vous a donné un conseil qui vous a permis de gagner du temps. Vous pouvez aussi vous rappeler qu’il est ingénieur, et qu’il doit avoir des connaissances que vous n’avez peut-être pas.

A quoi cela sert-il me direz-vous ? En faisant ce petit exercice, vous constaterez que votre colère, ou frustration, ou sentiment « négatif », s’affaiblit, diminue, que votre voisin et peut-être un idiot à ce moment-précis, mais pas toujours. Vous pourrez aussi lui trouver des raisons, comme celle de devoir partir très vite à l’hôpital, ou d’avoir oublié quelque chose d’important. A ce niveau-là de la réflexion, en plus de réduire votre colère, vous créerez un sentiment d’empathie, de compassion. Vous aurez réduit votre énergie négative (qui mène au stress) et l’aurez remplacée par une énergie positive, qui mène à la félicité.

Une autre réciproque est aussi vraie. Attention le cœur, ça va commencer à battre. Et si la réciproque était que : « je suis un idiot ». Remplacer « mon voisin » par moi-même ? Le fait que j’émette un jugement sur mon voisin serait un reflet de ce que je peux – ou pas – penser de moi ? Ne m’est-il jamais arrivé d’aller trop vite en voiture ? Non, jamais ? Mais si, bien sûr. Et ce souvenir d’avoir traversé un village à 90 km/h vous revient comme une claque. Moi aussi, j’ai roulé trop, vite, moi aussi, j’ai risqué de provoquer un accident. Le sentiment qui vous habite maintenant est tout autre. La colère est peut-être de retour, la honte, la tristesse… Vous ne pouvez rien changer au fait que vous avez un jour roulé trop vite dans un village. Ce que vous pouvez changer est la trace, le souvenir dans votre mémoire. Au même titre que vous avez eu de l’empathie pour votre voisin, vous pouvez en avoir pour vous-même. Vous adresser de la compassion, vous regarder à l’intérieur avec indulgence, tolérance. Vous donner de l’amour. Vous pardonner.

La réciproque est aussi vraie… est une manière de pouvoir prendre conscience de nos propres blessures, enfouies, cachées, et de nous permettre de les soigner ou même de les guérir. Sans chimie, sans docteur, juste avec son cœur.

La réciproque est aussi vraie. Vous pouvez remercier votre voisin de vous avoir permis de faire ce chemin en, vous grâce lui qui a roulé trop vite. Et quand vous le croiserez, il verra votre sourire, et il vous demandera peut-être ce qui vous rend de si bonne humeur. A vous de partager alors avec lui l’histoire du chemin.

Partagez cet article

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur pinterest
Partager sur print
Partager sur email