Des projets originaux couronnés par le Prix de la Femme romande entrepreneure

Les Quotidiennes | 29 novembre 2011 | Chantal Savioz et Sandra Weber
Le Concours de la Femme romande entrepreneure a pris fin. La Neuchâteloise Nuria Baena Bitter ainsi que les Lausannoises Shannon Flynn et Catherine Henry ont décroché les deux prix en lice hier à Genève.

Une cinquantaine de personnes, majoritairement des femmes bien sûr, étaient conviées hier à Genève pour applaudir les gagnantes du Prix de la Femme romande entrepreneure. Cette rencontre a clôturé dans une ambiance très chaleureuse une démarche, unique pour l’heure, qui promeut des entreprises lancées par des femmes.
La Neuchâteloise Nuria Beana Bitter, qui pilote une entreprise de nettoyage originale et bio, « la Corbeille magique », a été choisie par les internautes des Quotidiennes, pour l’originalité de sa démarche. Elle a reçu ainsi un Ipad lui permettant de promouvoir d’autres projets. Le Prix du Jury , deux montres Delance, vient couronner quant à lui une entreprise de pilates, basée pour l’heure à Lausanne, et qui ne demande elle aussi qu’à s’étendre: « pilates et moi », dirigée par Shannon Flynn et Catherine Henry.
Ambiance chaleureuse, détendue au Restaurant genevois « le Nonolet », où l’un des quatre partenaires du Prix, la banque Wegelin & Co a invité participantes et lauréates, « ce prix correspond à une nécessité », a résumé Jill Székely, de WiB-Swiss co-organisatrice. « C’est un réél succès et nous ferons encore mieux l’année prochaine! », a-t-elle promis encore en évoquant une seconde édition. Madeleine von Holzen, de la direction éditoriale d’Edipresse, fondatrice du site Les Quotidiennes, a elle aussi salué l’esprit d’entreprise des lauréates et des participantes.
Les gagnantes du Prix de la Femme romande entrepreneure  décrivent leur activité, leurs motivations et expliquent en quoi elles font la différence par rapport à leurs concurrents.
Nuria Baena Bitter, gagnante du Prix des Internautes pour www.corbeillemagique.ch:
– Qu’est-ce que la Corbeille Magique?
– C’est une entreprise destinée à soulager les femmes actives et les hommes de la corvée du linge, du repassage et des trajets au pressing. Mais aussi, de pouvoir accueillir des stagiaires afin de leur donner une chance de s’insérer sur le marché du travail. A ce jour, en une année, la Corbeille Magique a sorti deux femmes du chômage dont une de plus de 50 ans.
– Comment est née l’idée de cette entreprise?
– Je me trouvais dans une situation où je travaillais à 100%. Mon mari et moi avions envie de fonder une famille mais je voulais aussi poursuivre ma carrière. Comme tout le monde le sait, il est difficile de concilier vie de famille et vie professionnelle intéressante. Nous avions une femme de ménage mais elle ne s’occupait pas de la lessive, du repassage, ni d’aller apporter ou chercher nos vêtements non-lavables au pressing. Je percevais donc un manque à ce niveau-là. D’autre part, j’avais créé une formation d’aide en nettoyage qui comportait un module d’entretien des textiles pour des requérants d’asile que j’aidais à chercher des places de stage. Ayant connu à Genève une fondation qui s’occupait de prendre en charge à domicile le linge des seniors au bénéfice des soins à domicile, j’ai constaté qu’il n’y avait rien de ce type sur le canton.
– En quoi faites-vous la différence face à vos concurrents?
– Ce qui distingue la Corbeille Magique des autres blanchisseries et pressing est le fait qu’il s’agit d’un service à domicile. Certains le proposent mais ce n’est pas la règle et les tarifs sont plutôt dissuasifs. Mais la grande nouveauté est surtout de pouvoir tout commander et payer sur internet, 7 jours sur 7, 24h sur 24.  A ce jour, en Suisse romande, personne d’autre ne propose un tel service.
A mes yeux, la cerise sur le gâteau est l’utilisation d’un nouveau procédé de nettoyage pour les textiles non-lavables, c’est-à-dire ceux habituellement confiés au nettoyage à sec. Il s’agit du nettoyage par voie humide beaucoup plus sain, hygiénique, hypoallergénique et respectueux de la nature. En effet, les solvants chimiques sont remplacés par de l’eau, des savons et des additifs écologiques.
Shannon Flynn et Catherine Henry, gagnantes du Prix du Jury pour www.pilates-et-moi.ch
– En quoi vos cours de Pilates se différencient-ils des autres?
– Ce ne sont pas de simples cours au sol. Ils se déroulent sur les reformers. Ce sont des appareils qui ressemblent à des lits. Ils sont constitués d’un cadre en acier muni d’un plateau coulissant qui glisse sur des rails. Les ressorts et sangles fournissent à la fois assistance et résistance. Les exercices se font couché, assis, à genou ou debout. Grâce à la polyvalence de l’appareil, on peut y pratiquer un nombre d’exercices presque illimité. Cela permet de travailler chaque partie du corps et fait de chaque séance un cours différent. De plus, nos cours sont conçus pour fournir un entraînement physique complet en 50 minutes seulement. Nous proposons trois niveaux et styles de cours: smooth, tonic et wasabi. Nos clients ont la possibilité de réserver en ligne et choisir un horaire à la carte.
– Qu’est-ce qui vous a poussées à vous lancer dans cette activité?
– Australienne et Suisse, Shannon a découvert Pilates sur reformer en 2007 et en est devenue très vite accro ! A cette période, elle entamait sa dixième année de carrière dans la finance. Elle a commencé Pilates dans l’espoir que la méthode l’aiderait à atténuer les douleurs lombaires chroniques dont elle souffrait à cause des longues heures passées assise à son bureau. Une année plus tard, elle a décidé de faire une pause professionnelle et s’est lancée dans la formation pour devenir instructeur Pilates.
Quant à Catherine, atteinte d’une maladie auto-immune du système digestif non guérissable, elle a été obligée d’adapter son style de vie. Les règles de diététique auxquelles elle est soumise requièrent une grande discipline et surtout une philosophie remarquable. Au travers de son parcours, la méthode Pilates a été une révélation et elle l’a aussitôt intégrée dans son mode de vie contraignant. Au fil du temps, elle poursuit son objectif de qualité de vie en se basant sur l’importance de la symbiose corps-esprit. Après son accouchement, elle a eu le deuxième déclic pour Pilates. La reprise rapide des cours de Pilates s’est avérée être une rééducation post-partum épatante. Au terme de son congé maternité, elle a mis entre parenthèses sa carrière d’executive assistant pour se former dans la méthode Pilates afin de l’enseigner.
Une fois nos formations respectives terminées, nous avons décidé de réunir nos forces et d’ouvrir notre propre studio à Lausanne afin de pouvoir faire partager cette méthode d’entraînement unique à un maximum de personnes.

Composition du Jury

Jill Székely, directrice de WiB-Swiss
Dr Barbara Roos, de la Banque Wegelin & Co.
Giselle Rufer, fondatrice et directrice des Montres Delance
Nathalie Hardyn, directrice adjointe de la Chambre genevoise de commerce, d’industrie et de services (CCI)
Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse
Dr Farnaz Moser, ingénieure chimiste et déléguée à l’égalité des chances pour l’EPFL
Mina Maiwand, directrice de Cadschool
Coraline de Wurstemberger, propriétaire du domaine Les Dames de Hautecour
Muriel Golay, directrice du Service pour la promotion de l’égalité entre homme et femme (Genève)
Adélita Genoud, rédactrice en chef adjointe de Femina et responsable de www.lesquotidiennes.com
Sandra Weber, journaliste pour www.lesquotidiennes.com et Femina.
Légende photo

  • Les gagnantes du Prix du jury, fondatrices de « pilates et moi », entourée de Jill Székely et de Giselle Rufer de « Delance Swiss watches ». © Patrick Gilliéron-Lopreno
  • © DR
  • Les trois « Femmes romandes entrepreneures » © DR

adobe-32-bg-white Les Quotidiennes – Des projets originaux couronnés par le Prix de la Femme romande entrepreneure (PDF|370ko)

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