Les Quotidiennes | 04.04.11 | Sandra Weber

Jill Székely lance WiB-Swiss, une plateforme de services destinée à améliorer la gestion du parcours professionnel des femmes.

Lorsqu’elle aborde la question de la promotion des femmes dans le monde du travail, Jill Székely sait de quoi elle parle. Au bénéfice de vingt ans d’expérience professionnelle en tant que cadre supérieur dans la gestion de fortune au sein d’établissements bancaires privés, elle connaît les embûches qui les attendent, mais aussi leurs propres freins et blocages. Trois enfants, deux décennies d’activités au sein de réseaux féminins, sa fonction de présidente des femmes radicales genevoises, et une formation genre en cours complètent son panorama.

Persuadée que le potentiel professionnel des femmes peut encore être développé,  Jill Székely lance, en tant qu’indépendante, la plateforme de services WiB (Women in Business)-Swiss (www.wib-swiss.com). Elle s’adresse à toutes les femmes actives professionnellement, principalement des cadres. Le but, améliorer à la fois leur qualité de vie et la gestion de leur carrière et de leurs finances. Un site internet permet de visualiser l’ensemble de l’offre.

Les femmes ont-elles donc besoin d’aide ? « Le business est un monde développé par des hommes et pour des hommes, répond Jill Székely. On peut dès lors penser que la manière de faire des femmes est différente. Elles s’intéressent davantage à l’humain, derrière les chiffres. Elles ont également une manière différente de consommer. Pour un même produit financier, la manière de vendre peut donc être différente.» Effectivement, admet-elle, certaines femmes actives ne se reconnaitront peut-être pas dans sa plateforme.  « Celles qui par exemple reçoivent le même salaire que leurs collègues masculins pour le mêmes poste n’ont pas besoin d’aide. Mais les autres, certainement. »

Dans l’éventail d’offres de WiB-Swiss, coaching, formation en groupes et en entreprise. « J’ai tenté d’identifier les questions sans réponses des femmes au travail. Il est difficile de trouver la bonne personne à qui s’adresser, qui ait un regard extérieur. Tout type de domaines peuvent être abordés : changement de département, restructuration, prise de responsabilité, déplacement à l’étranger. » Un soutien avant emploi est également proposé.

Etant donné la spécialisation de Jill Székely, le site propose une section spéciale pour la finance.  « Je souhaite amener les femmes à gérer leurs avoirs elles-mêmes », lance l’experte en gestion de fortune. Les entreprises sont également visées. Celles qui souhaitent que les femmes prennent davantage de  place dans l’encadrement et veulent leur éviter des écueils.

Et le prix dans tout ça ? « Rien n’est fait bénévolement, appuie Jill Székely. Il faut sortir de cette habitude selon laquelle les femmes offrent leur temps. Ce qui a de la valeur se paie. Pour avancer dans sa carrière, un café avec une copine n’est pas efficace. Si l’on souhaite investir dans son parcours professionnel, cela a aussi un prix. » Six mois de coaching par des coaches professionnelles certifiées sont ainsi facturés 1500 francs, soit 300 francs par séance. Le tarif B4Work, programme de soutien avant emploi, est quant à lui fixé à 150 francs par séance.

Pour les hommes aussi
WiB-Swiss n’exclut pas les hommes. Une section leur est consacrée: Men at Home. Et ce n’est pas un gag. Puisque les femmes sont invitées à mieux investir le monde professionnel, les hommes, eux, ne doivent plus se contenter de leur place de subalterne dans la gestion de la maison! Pour que la répartition des tâches domestiques ne freine ni la carrière de Madame, ni celle de Monsieur. « L’erreur des femmes, c’est de dire que les hommes ne participent pas assez. Mais elles leur présentent souvent les tâches comme des corvées. Il faut faire les courses le samedi matin ? Au marché, c’est vraiment sympa.» Pour Jill Székely, une famille est comparable à une PME: Papa, Maman, Enfants. « Au-delà de l’affectif, évidemment. Les couples qui tiennent ont trouvé des solutions aux problèmes logistiques. Ce que je propose dans cette section est une sorte de Family Coaching. »

Promotion des candidates aux conseils d’administration
Tout un programme, donc ! Et cette Woman in Business ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle travaille sur un projet appelé Women on Top. Le but ? Créer un pool de femmes disposées à entrer dans des conseils d’administration. Pour que les décideurs sachent où piocher les bons éléments. Et qu’il ne soit plus jamais dit que l’on ne trouve pas de candidates. « Les femmes sont des partenaires, elles ne sont ni victimes, ni vitrines », conclut Jill Székely.

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