Les Quotidiennes | 10.11.11 | Sandra Weber

Elle aime faire avancer les choses, Jill Székely. Quadragénaire dynamique, son expérience professionnelle, politique et familiale l’a convaincue que c’est actuellement dans le domaine des femmes qu’il ya matière à agir, des choses à faire progresser.

Plus de 20 ans d’activité en tant que cadre supérieure dans la gestion de fortune auprès d’établissements bancaires privés lui ont montré les barrières et les freins, autant externes qu’intérieurs qui ralentissent les femmes dans leur carrière. Sa réponse ? Elle a créé WiB-Swiss le printemps dernier, une plateforme de services visant à soutenir la gestion du parcours professionnel des femmes.

Mère de trois enfants aujourd’hui jeunes adultes, elle a constaté que les couples qui durent ont su surmonter les « problèmes logistiques ». Sa solution ? Elle la propose dans la section «Men at home» de WiB-Swiss. Non pas pour confiner les hommes au foyer, mais pour davantage les y inclure pour le bien-être de toute la famille.

Yes, women can

En politique également, Jill Székely s’engage pour les femmes. Présidente des Genevoises PLR, elle s’est impliquée durant la dernière campagne fédérale pour rendre les femmes de son parti plus visibles. Son slogan ? « Yes Women can ». Elle-même en lice pour le Conseil National cet automne, elle n’a pas été élue. Un sort réservé à la plupart des candidats qui tentent leur chance pour la première fois et dont elle ne s’émeut guère. Elle est d’ores et déjà candidate PLR aux prochaines élections du Grand Conseil genevois. « Je me revendique d’un féminisme de droite, explique-t-elle. Nous ne sommes pas en opposition avec les hommes. Pour nous, les femmes se construisent avec les hommes et non pas contre eux. Les femmes ont choisi d’évoluer mais ne doivent pas imposer un changement aux hommes, ils doivent aussi en faire le choix. » Et si certains – et souvent certaines – font de la résistance, Jill ne leur impose pas son point de vue.

Pragmatique, elle explique le retard dans la carrière de nombreuses femmes par la difficulté à juxtaposer trois étapes de la vie. « Etudes, carrière, enfants: une femme peut difficilement cumuler l’étape « enfants » avec celle des études ou du démarrage de sa carrière, elle doit souvent renoncer à l’un des trois éléments. » Pour appuyer ses propos, elle souligne que de nombreuses femmes à la carrière professionnelle ou politique particulièrement remarquable n’ont pas d’enfants.

Jill Székely a démarré sa carrière professionnelle et sa vie de famille très tôt, après une maturité commerciale. Diverses formations, dont un stage interne à l’UBS et des programmes à l‘IMD lui ont permis d’évoluer dans sa profession. Outre un passage en Lettres option philo, Jill poursuit actuellement ses études avec une formation en Etudes genre, afin de développer l’offre de WiB-Swiss.

Les femmes manquent de visibilité

Au vu du constat qu’elle dresse, Jill Székely estime que les femmes ont tout intérêt, pour percer, à « cibler les domaines où les autres ne vont pas ». Elle-même a pris un certain risque en acceptant des postes à responsabilité en Syrie et au Liban. Avec les déplacements que cela implique. «Tous les 9 jours, je passais 4 à 5 jours à Genève. A l’époque, j’ai accepté avec enthousiasme ce poste de Responsable de l’entité de Beyrouth qui me permettait de faire un bond en avant dans ma carrière. »

Celle qui se définit comme Womanager a souhaité rendre hommage à la créativité des femmes en lançant le concours de la Femme romande entrepreneure, qu’elle réalise en collaboration avec Les Quotidiennes. « Les femmes ne sont pas assez visibles. Or les très nombreuses candidatures que nous avons reçues pour la première édition de ce prix, plus de 70 dans toute la Suisse romande, nous montrent à quel point les femmes contribuent à l’économie de notre pays, et dans des domaines très divers.»