Les Quotidiennes | 20 avril 2009 | Adélita Genoud

Elle a des idées en rafales pour booster les femmes dans l’économie et en politique.

Ne dites pas à Jill qu’elle a un nom imprononçable. Elle le sait. Et surtout n’ajoutez pas qu’elle est extraordinaire au prétexte qu’elle est une femme, qu’elle occupe un poste de Managing Director Senior Advisor à la Banque Julius Baer, qu’elle a trois enfants et qu’elle repart en politique.

Elle ne croit pas non plus à une guerre de tranchée hommes/femmes pour installer la parité. Elle a trouvé une voie médiane. «Nous devons valoriser l’engagement des hommes dans l’éducation des enfants et les tâches quotidiennes.

Et en même temps, il nous incombe d’aider les femmes à oser franchir le pas.» Les premiers n’ont pas à rougir des compétences acquises au fil des décennies. Et les secondes ont démontré leur savoir-faire dans maints domaines économiques et peuvent apporter des visions nouvelles, même dans les ex-forteresses masculines.

Elle a d’autres projets pour permettre aux uns de s’affirmer et aux autres de prendre leur existence en mains. Leur existence sous toute ses facettes y compris  la gestion de leur portefeuille financier, afin d’amener les femmes à être des clientes actives auprès des banques.

Membre du Parti Radical, Jill Székely avait fait ses premiers pas en politique, il y a une vingtaine d’années. Et puis il y a eu une longue parenthèse. Pas inactive. Ce n’est pas le genre de la maison. En effet, elle a commencé sa carrière après l’obtention de sa maturité commerciale, a éduqué trois enfants, voyagé beaucoup, étudié la philo et suivi des programmes de l’IMD. Pour finalement passer aux chiffres. Ceux de la haute finance.

«Je me suis intéressée à la clientèle moyen-orientale de la Syrie, à partir du Liban.» Pourquoi? «.Pour des raisons d’affinités cultuelles, ayant notamment vécu au Liban pendant quelques années.» Jill Székely s’est très vite hissée au poste de Managing Director de Clariden Leu Middle East Sal à Beyrouth.

La banquière ne se sent se jamais perdue dans le vaste monde. Née aux Antilles, elle a vécu en Suisse, en France et au Liban avant de revenir s’installer à Genève.

Elle est passionnée par la banque privée. Mais rien n’était acquis. Avant de faire sa place au soleil, il lui a fallu batailler dur. Elle n’est pas née avec une petite cuillère d’argent dans la bouche et puis elle n’a pas choisi le parcours le facile.

A l’automne prochain, elle sera sur la liste radicale du parlement genevois. Et pourquoi ne remporterait-elle pas la mise ? Elle a la tête bien faite et bien pleine. Jeune quarantaine pétillante, des idées à revendre, de l’énergie. Et comme elle a eu la bonne idée d’avoir ses enfants très tôt, il lui reste du temps à consacrer à la collectivité.

Légende photo : © Jill Székely (Olovier Vogelsang)

adobe-32-bg-white Les Quotidiennes – Jill Székely la banquière en lice pour le Grand Conseil (PDF|336ko)